Qu’est-ce qui fait d’un chat un chat ?

Tout le monde sait ce qu’est un chat. Ou du moins, ils le pensent. Mais au-delà des oreilles, des yeux, de la taille, des griffes et des moustaches, il y a les COMPORTEMENTS du chat.

Chat DOMESTIQUE

Le chat est une espèce domestique. Ça signifie qu’il est mieux adapté à vivre à proximité des humains et à s’y reproduire que les espèces sauvages. Ce processus s’est échelonné sur plusieurs milliers d’années.

Contrairement au chien, on n’a jamais commencé à chasser avec nos chats. C’est le moment où nous sommes passés de nomade à sédentaire qui a fait toute la différence : on a commencé à cultiver le sol et à créer des réserves de grains. Qui dit grain dit… souris ! Et c’est là que les chats les moins farouches ont commencé à se tenir à proximité des humains. Les souris abondantes près des réserves de grains étaient devenues une très bonne raison de chercher la proximité de l’humain.

Au fil du temps, la sélection naturelle a fait en sorte que les chats les plus confortables en présence d’humains ont proliféré et l’espèce s’est lentement domestiquée.

Y a-t-il encore des chats « sauvages » ?

Oui ! Les ancêtres du chat domestique font partie d’une classe nommée Felis sylvestris. Leur ancêtre direct étant Felis Sylvestris Lybica. Ces chats sauvages existent encore aujourd’hui, tout comme d’autres espèces de Felis sylvestris.

Ces espèces de chats sauvages ressemblent aux chats domestiques, mais ce sont des espèces distinctes. Il ne faut pas les confondre avec les chats domestiques. Voyez-vous la différence sur ces photos ?

Il ne faut pas confondre les chats féraux (des chats domestiques qui ne s’approchent de l’humain) avec les chats sauvages (des espèces distinctes et sauvages).

Est-ce que la domestication efface les qualités du chat sauvage ?

Non. Les chats domestiques ne sont pas des pages blanches ou des robots. Ils retiennent certains des comportements de leurs ancêtres et ils ont des besoins comportementaux propres à leur espèce.

Contrairement au chien, chez qui différentes races ont été sélectionnées afin de couper la séquence de prédation (les pointeurs pointent, mais ne dépècent pas la proie, par exemple), le chat reste entier dans ses capacités à répondre à ses besoins alimentaires en chassant. Les chats peuvent, en moyenne, mieux survivre d’eux-mêmes dans la nature que les chiens.

Comportements typiques à l’espèce chat

Quand on pense au chat, on pense à un petit mammifère qui grimpe, marche en équilibre sur l’étroit dessus des clôtures, gratte des surfaces et chasse. Ce sont tous des comportements typiques à l’espèce. Cependant, il y a beaucoup plus que les comportements qu’on trouve mignons.

La façon dont une espèce s’alimente, boit, fait ses besoins et dort est propre à son espèce.

Par exemple, on sait que le fonctionnement du corps du chat fait en sorte qu’il a besoin de petits repas régulièrement durant la journée. Le chat ne mange pas que deux gros repas par jour. Il se nourrit de souris et d’autres petits animaux qui ne contiennent pas beaucoup de calories. Conséquemment, les chats doivent constamment être à l’affût d’une occasion de chasser. Autrement, s’ils attendaient d’avoir faim, ils risqueraient de tomber malades. C’est pour ça qu’ils sont toujours partants pour jouer ! C’est comme chasser.

Pourquoi est-ce important ? Parce que bien des problèmes de comportement sont causés ou alimentés par l’incapacité du chat à pouvoir exprimer ses comportements typiques.

Pensez-y comme vous pensez à la nourriture et à l’eau : le chat a des besoins de base, mais il a aussi des besoins COMPORTEMENTAUX. S’il ne peut pas bien satisfaire les uns ET les autres, il ne va pas bien.

Dans une série de vidéos à propos des comportements typiques à l’espèce, j’explore les sujets suivants :

Introduction aux comportements typiques à l’espèce

Manger

Boire

Les comportements évidents

Les comportements moins évidents

Bien comprendre les comportements typiques de chaque espèce sous votre toit vous permettra :

  • De répondre à leurs besoins
  • D’avoir des animaux épanouis et heureux
  • D’éviter les problèmes de comportement découlant d’un manquement comportemental.
  • D’éviter les problèmes médicaux issus ou exacerbés par le manque de diversité comportementale.

Quand s’inquiéter pour votre chat ?

Si votre chat ne fait pas un comportement généralement populaire chez ses congénères, ça ne veut pas nécessairement dire que quelque chose cloche, mais c’est un petit drapeau rouge qui nous indique qu’il y a quelque chose à vérifier.

Par exemple, si votre chat ne se frotte jamais sur des objets ou d’autres êtres vivants, on peut se poser les questions suivantes :

  • A-t-il mal quelque part, donc il évite de se coller ?
  • Est-il inconfortable en présence des habitants de la maison et passe-t-il son temps à éviter tout contact ?
  • A-t-il un historique de s’être fait prendre dans les bras à chaque fois qu’il entrait en contact avec un humain, une réaction qu’il déteste, et il a donc décidé de cesser de se coller ?

Il est important de bien comprendre pourquoi un comportement ne se produit pas, car ça pourrait être une indication d’un milieu de vie problématique ou d’un problème médical.

N’oublions pas que nous gardons captifs nos chats, comme dans les zoos. Il est de notre devoir de veiller à bien remplir leurs besoins.

Dans cette vidéo, j’explore la question des drapeaux rouges plus en détail.

Comment les races de chats domestiques influencent-elles les comportements typiques à l’espèce ?

Malheureusement, les races de chats ne sont pas conçues de manière à favoriser le bien-être des individus.

  • Les races brachycéphales, qui ont le visage aplati (Persan, Himalayen, Scottish Fold, Exotic Shorthair ou Persan à poil court, etc.), ont des difficultés respiratoires et des difficultés à s’alimenter et à communiquer efficacement avec les autres chats.1
  • Les races au profil allongé sont plus difficiles à lire lorsqu’ils sont en douleur (Siamois, Balinois, Cornish Rex, Abyssinien, Oriental à poil court, etc.).2
  • Les races aux oreilles aplaties ont une condition qui rend les douleurs articulaires beaucoup plus rapides à apparaître dans leur vie et affecte leur capacité à communiquer avec d’autres chats (Scottish Fold)3
  • Les races aux pattes courtes ont de la difficulté à se percher et à naviguer le monde comme le font les autres chats (Munchkin).
  • Les races à poil long ont de la difficulté à bien se toiletter et présentent rapidement des mottons de pelage qui peuvent aller jusqu’à causer des plaies (Maine Coon, Norwegian Forest Cat, Ragdoll, etc.)
  • Les races « sans poil » ont facilement froid (Sphynx, etc.)
  • Les races en général sont plus prédisposées à des maladies variées.4

Le comportement des chats de race est affecté négativement par l’inconfort physique, les limitations physiques et les obstacles à la communication efficace entre chats.

Un chat qui « passe son temps couché », c’est une indication d’un problème, un signe que le chat ne va pas bien. Un chat qui va bien a une grande diversité comportementale. Quand il se sent mal tous les jours de sa vie, par contre, il diminue beaucoup ses comportements.

Choisir un chat parce qu’il a un look qu’on trouve intéressant, alors que c’est au détriment de sa santé et de son bien-être tout au long de sa vie, ce n’est pas une action d’amour ou d’empathie. Acheter un chat de race, c’est encourager la production de chats qui souffrent À CAUSE DES ENVIES ESTHÉTIQUES DES HUMAINS.

iCatcare décourage d’ailleurs la propagation des races de chats.5

Les races de chat sont des produits de consommation que le consommateur achète pour « avoir l’air », pour « avoir une chose spéciale à leurs yeux », pour pouvoir dire qu’ils l’ont achetée, pas par vrais soucis de bien-être. L’industrie de l’élevage félin n’existerait pas si on cessait de lui acheter des chats. Je vous encourage à adopter votre prochain chat ou chaton en refuge, pas chez un éleveur.

Et les races de chats hybrides ?

Alors que les chats sont une espèce DOMESTIQUÉE, donc mieux apte à vivre avec nous, certaines personnes produisent des chats de consommation croisés avec des espèces sauvages.

  • Bengal
  • Bristol
  • Cheeoth
  • Chausie
  • Caracat
  • Jaguarundi Curl

Ce sont toutes des races hybrides. Elles n’ont pas de place dans une société humaine :

  • Elles impliquent de retirer des chats sauvages de leur habitat naturel pour les garder captifs, dans des conditions qui ne répondent pas à leurs besoins naturels. Certaines de ces espèces sont vulnérables dû à leur faible population. Enlever des individus ne fait qu’empirer le problème d’extinction de l’espèce sauvage.
  • Les chats domestiques ne vivent normalement pas avec des chats sauvages. Pour la reproduction, ils doivent être ensemble et cela résulte parfois en l’attaque et la mise à mort du chat domestique par le chat sauvage.
  • La différence de grosseur entre les espèces est parfois significative, de même que les durées de gestation, avec les implications que cela amène.
  • Les comportements des chats sauvages sont moins bien adaptés à la vie en captivité avec l’humain. Les éleveurs mettent consciemment sur le marché des chats hybrides qui ne parviennent pas à bien s’adapter à la vie en société humaine. Les gens abandonnent et s’en débarrassent.
  • Dans certains cas, ces chats sont gros et présentent un danger pour la sécurité de la famille ou du voisinage.
  • Les vaccins ne sont pas aussi efficaces chez les races de chat hybrides que chez le chat domestique.

Pourquoi vouloir rendre un chat moins capable de vivre avec nous avec succès ? Parce que les gens cherchent un « produit » satisfaisant leur envie. On a déjà un chat domestique qui vit mieux avec nous que ne le pourrait Felis Lybica. Pourquoi vouloir ramener de la génétique sauvage? Purement par vanité.

Lorsque vous achetez une race/un hybride, vous encouragez le déclin des espèces sauvages, la souffrance des individus gardés captifs et les problèmes de comportements.

Si vous avez à cœur que votre chat soit heureux, n’encouragez pas les races hybrides.

Consultez la position officielle de l’Association Médicale Vétérinaire Féline sur les races de chats hybrides.6

Conclusion

Le chat est un animal attachant, fascinant et avec qui il fait bon partager nos vies. Voir le monde par ses yeux nous apporte un nouvel émerveillement pour la vie.

Donner la meilleure vie possible à notre chat passe par la compréhension de ses besoins physiques, émotionnels et comportementaux.

Encourager les bonnes pratiques donne le bon exemple à tous ceux autour de vous.

  1. https://www.researchgate.net/figure/Classification-of-general-head-morphology-of-the-studied-cats-Classification-was-based_fig1_319204092 ↩︎
  2. https://www.frontiersin.org/journals/veterinary-science/articles/10.3389/fvets.2020.606848/full ↩︎
  3. https://icatcare.org/articles/scottish-fold-osteochondrodysplasia ↩︎
  4. https://icatcare.org/articles/inherited-disorders-in-cats ↩︎
  5. https://icatcare.org/position-statements/position-statement-on-the-breeding-of-pedigree-cats ↩︎
  6. https://catvets.com/resource/2025-hybrid-cats-position-statement/ ↩︎
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